Le Calligraphe
Sur cette photo précise, le calligraphe s’apprête à écrire, mais la surface des rouleaux rouges face au public est encore vierge ou contient de légers motifs décoratifs dorés imprimés en arrière-plan. On distingue une feuille blanche au centre de sa table qui lui sert de modèle ou de guide pour les caractères à tracer.
Le calligraphe, un Artiste de l’écriture manuscrite.
L’art du calligraphe est la réalisation de caractéres d’écriture stylisés. Standard, cursive, créative, picturale, une harmonie poétique de dessin et de texte.
Au-delà de l’écriture, son rôle est également de perpétuer la culture et la spirualité, la calligraphie est un acte de méditation.
Traditionnellement, les calligraphes s’installent prés des temples lors des fêtes ou événements populaires, ils tracent des mots de bonne augure, comme Paix, Prospérité, Santé….sur du papier rouge à la demande des badauds, pour attirer la chance dans les foyers. Le Têt (nouvel an chinois) est l’occasion la plus répandue pour cette pratique.
- Les vœux de bonheur (Chữ Thư Pháp) : Au Vietnam, notamment lors du Nouvel An (le Tết) ou d’événements familiaux marquants (fiançailles, mariages), les gens demandent à ces lettrés d’écrire des mots uniques ou des distiques poétiques porteurs de sens.
- Les mots les plus courants : Les caractères les plus fréquemment sollicités célèbrent des valeurs fondamentales comme An (La Paix), Phúc (Le Bonheur / La Chance), Lộc (La Prospérité), Thọ (La Longévité), ou encore Đức (La Vertu).
- La symbolique des couleurs : L’encre noire (ou dorée) apposée sur le fond rouge vif symbolise la chance, la vitalité et sert traditionnellement à repousser les mauvaises énergies pour attirer la fortune dans le foyer.
La calligraphie vietnamienne est issue de 3 périodes d’écriture. Le Chu Han et le Chu Nom, historiquement influencé par la Chine. D’abord pratiquée en sinogrammes chinois (Chu Han), l’adaptation vietnamienne se nomme le Chu Nom.
A partir de l’époque coloniale au cours du XXe siécle, la calligraphie vietnamienne s’est modernisée pour adopter des caractéres latins, elle a été rebaptisée Quoc ngu. La calligraphie est désormais un mélange de cultures, elle allie les techniques traditionnelles du pinceau d’orient, de l’encre de Chine et des lettres de l’alphabet latin. Tout l’art de cette écriture est de créer un style fluide et esthétique puissant d’un sens spirituel.
La symbolique des couleurs : L’encre noire (ou dorée) apposée sur le fond rouge vif symbolise la chance, la vitalité et sert traditionnellement à repousser les mauvaises énergies pour attirer la fortune dans le foyer.
Un calligraphe utilise plusieurs types d’accessoires selon le style d’écriture pratiqué (occidental, arabe, chinois, etc.) : [1]
1. Les instruments d’écriture
Le porte-plume : droit (le plus courant) ou oblique (incliné à 45°, souvent utilisé pour la calligraphie anglaise ou copperplate).
Les plumes métalliques : biseautées (carrées ou rondes pour les écritures gothiques ou romanes) ou pointues (souples pour les pleins et déliés).
La plume d’oie ou plume naturelle : outil traditionnel pour les écritures anciennes et médiévales.
Le calame : un roseau ou un morceau de bambou taillé à la main, idéal pour les calligraphies arabes, hébraïques ou gestuelles.
Le pinceau : pinceau chinois souple ou pinceau plat.
Les feutres et pinceaux-feutres (brush pens) : très utilisés pour le brush lettering ou l’entraînement moderne. [1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8]
2. Les encres et couleurs
L’encre : encre de Chine, encre calligraphique spécifique, encre Sumi, encre ferrogallique ou brou de noix.
La gouache ou l’aquarelle : souvent diluées à consistance d’encre pour obtenir des couleurs variées ou plus d’opacité.
L’encrier : récipient pour tremper la plume. [1, 2, 3, 4, 5]
3. Les supports (papiers)
Le papier adapté : papier glacé, papier Bristol, vélin, papier layout ou papier aquarelle à grain très fin (assez épais et non poreux pour éviter que l’encre ne bave).
Le papier calque ou le guide-âne : glissé sous la feuille transparente ou imprimé pour garder des lignes et des angles réguliers. [1, 2, 3, 4]
4. Le petit matériel de tracé et d’entretien
Le crayon à papier et la gomme : pour tracer les lignes de construction (hauteur d’x, ascendantes, descendantes).
La règle et l’équerre : pour mesurer et aligner le texte.
Le buvard ou un chiffon : pour sécher la plume ou absorber le surplus d’encre.
Un récipient d’eau : pour nettoyer régulièrement la plume ou rincer le pinceau