Amateurs de randonnée, je vous sers ici sur un plateau, une pépite en mille pierres cachée dans les reliefs Matheysins, ma région de coeur. Enfilez vos chaussures, l’effort en vaut la peine.
Située au-dessus de La Mure à environ 1800 m d’altitude, au creux du col de l’Oulliére et du Parcher au sommet des pistes de la station de sports d’hiver de l’Alpe du Grand Serre, la carriére de serpentinite de la Chinarde reste de marbre depuis 1839 , gardienne du col du même nom



L’exposition prolongées aux agents météoriques favorise l’oxydation du fer contenu dans les minéraux de la roche donnant ces couleurs brun-ocre, tandis que les parties plus abritées conservent la teinte vert-gris caractéristique de la serpentinite.




Le terme MARBRE VERT est surtout commerciale et décoratif. La Serpentinite n’est pas un vrai marbre au sens géologique car elle ne provient pas d’un calcaire métamorphisé.
La serpentine désigne une faille de minéraux riches en magnesium et en eau formées lorsque certaines roches du manteau terrestre (péridotites) sont transformées par la circulation d’eau chaude .
Ce phénomène se nomme la serpentinisation.
La Serpentinite est composée d’éléments de serpentine.
« UNE SUBSTANCE BELLE ET RECHERCHÉE « avait argumenté Emile Gueymard dans sa lettre au préfet en 1839, pour demander l’appui financier des autorités pour l’exploitation de la carriére.




Les traces des outils utilisés pour l’extraction de la serpentinite sont bien visibles sur la roche. L’usage d’outils filetés, burins et barres à mines est très marqué.

Et oui, la Basilique de Foureviére aurait dans ses génes un peu d’ADN Matheysin.
« Ce fut un vrai travail de romain » avait exprimé Auguste Escalle l’un des entrepreneurs associés de l’exploitation.
Vers 1890, six colonnes de 2,75 m ont été extraites de cette veine précieuse. Le chantier fut titanesque, l’extraction en altitude, la lenteur du transport lié aux 800m de dénivelés négatifs…Un seul fût nécessitait plusieurs jours. Deux arriveront brisés à Lyon.